Conseils essentiels pour photographier les forêts et les bois
Soyons complètement honnêtes un instant. Nous avons tous vu ces majestueuses photos de forêt en ligne — celles avec cette lumière éclatante magnifique, la brume mystérieuse, et les arbres anciens parfaitement cadrés. Elles ressemblent à des images fixes d’un film fantastique. Mais ensuite, nous prenons réellement nos appareils photo, partons dans les bois locaux, et prenons une photo avec enthousiasme. Quand nous regardons l’écran au dos ou recevons nos scans de film, le résultat est généralement un amas dur, encombré et confus de brindilles brunes et de feuilles vertes désordonnées.
Si cela vous est arrivé, ne vous sentez pas mal. La photographie en forêt est vraiment l’un des types de photographie de paysage les plus difficiles à maîtriser. Quand vous êtes debout dans une forêt, votre cerveau perçoit l’odeur des pins, le bruit du vent, et l’air frais, intégrant tout cela dans une belle expérience tridimensionnelle. Mais votre appareil photo ne capture que deux dimensions. Sans la bonne approche, toute cette magnifique profondeur se transforme en chaos visuel.
Ces dernières années, j’ai passé d’innombrables week-ends à randonner en forêt pour essayer de comprendre comment traduire ce que je ressens en ce que je photographie. Cela a demandé beaucoup d’essais et d’erreurs (et beaucoup de pellicules gaspillées), mais j’ai finalement acquis quelques techniques qui ont complètement transformé ma photographie forestière. Voici comment vous pouvez commencer à donner du sens aux arbres.
Abandonnez le grand angle et prenez un téléobjectif
Quand nous sommes dans une forêt immense et à couper le souffle, notre premier réflexe est généralement de prendre notre objectif le plus grand angle. Nous voulons capturer toute la scène ! Nous voulons tout dans le cadre, des racines à nos pieds jusqu’à la canopée au-dessus de nos têtes.
C’est généralement une grosse erreur en forêt. Les objectifs grand angle repoussent l’arrière-plan et mettent en avant le premier plan. En forêt, votre premier plan est souvent juste de la terre, des branches mortes, et des buissons aléatoires. Les objectifs grand angle capturent absolument tout, et dans un cadre forestier, tout cela équivaut souvent à un désordre désorganisé.
Essayez plutôt de mettre un objectif téléobjectif sur votre appareil. Une focale entre 85mm et 200mm change complètement la donne en forêt. Les téléobjectifs produisent ce qu’on appelle une « compression compositionnelle ». Ils écrasent visuellement l’arrière-plan et le premier plan ensemble, rendant les arbres plus denses et imposants. Plus important encore, ils vous offrent un champ de vision étroit. Ce champ étroit vous permet d’éliminer toutes les branches désordonnées sur les bords de votre vision et d’isoler un seul groupe intéressant de troncs ou une seule belle fougère.
Le mauvais temps est le meilleur temps
Si vous vous réveillez, regardez par la fenêtre et voyez un ciel bleu clair avec un soleil éclatant, allez à la plage. Ne partez pas en forêt pour prendre des photos. La lumière directe du soleil en forêt crée une lumière tachetée — des zones dures, à contraste très élevé, avec des blancs éclatants et des ombres noires profondes dispersées au hasard sur les arbres.
Les appareils photo ont beaucoup de mal avec la lumière tachetée. Elle casse les formes naturelles des arbres et crée un motif distrayant, semblable à un camouflage, sur toute votre composition. Au lieu de cela, vous devez chercher le « mauvais » temps.
Un ciel couvert agit comme une grande boîte à lumière, baignant la forêt d’une lumière douce et uniforme qui fait ressortir les verts et les bruns riches sans brûler les hautes lumières. Mieux encore, sortez juste après la pluie. La pluie intensifie les couleurs de l’écorce et fait briller la mousse. Et si vous avez la chance d’avoir une matinée brumeuse ? Lâchez tout et prenez votre appareil. Le brouillard est un code secret pour la photographie forestière. Il sépare naturellement votre sujet principal de l’arrière-plan chaotique en cachant le désordre derrière un beau voile de brume blanche douce.
Utilisez un filtre polarisant pour éliminer les reflets
S’il y a un accessoire dont vous avez vraiment besoin pour la photographie en forêt, en plus de votre appareil et de votre objectif, c’est un filtre polarisant circulaire. Je pensais autrefois que ces filtres servaient seulement à rendre le ciel plus bleu dans les photos de paysage d’été, mais en réalité, c’est l’arme secrète du photographe forestier.
Les feuilles, les rochers et l’écorce mouillée sont étonnamment réfléchissants. Même par temps couvert, la surface cireuse d’une feuille reflète le ciel gris au-dessus, rendant le feuillage terne, délavé et argenté au lieu d’un vert profond. Un filtre polarisant élimine ces reflets de surface. En le faisant tourner, vous verrez littéralement les reflets gênants disparaître, révélant des couleurs incroyablement riches et saturées en dessous. Vos verts éclateront soudainement, et les troncs d’arbres mouillés paraîtront sombres et mystérieux au lieu d’être brillants et distrayants.
Trouvez un protagoniste pour ancrer votre photo
Une photo a généralement besoin d’un sujet, et « un tas d’arbres » est un décor, pas un sujet. Quand vous vous promenez dans les bois à la recherche d’une composition, vous devez trouver un protagoniste pour votre histoire visuelle.
Cherchez des anomalies qui brisent le motif. Si tous les arbres poussent droit, cherchez l’arbre avec une courbe étrange et dramatique. Cherchez une fougère verte éclatante poussant sur une bûche sombre en décomposition. Cherchez un sentier de randonnée ou un ruisseau qui crée une « ligne directrice » attirant le regard du spectateur du bas vers le haut du cadre.
Quand vous trouvez ce sujet, utilisez la lumière à votre avantage si possible. Parfois, même par temps couvert, les nuages se déchirent juste assez pour laisser un doux projecteur illuminer un arbre en particulier. Si vous mesurez votre exposition sur cette zone lumineuse, le reste de la forêt sombre tombera dans des ombres profondes et mystérieuses, isolant parfaitement votre sujet.
N’oubliez pas de regarder vers le bas
Parfois, la scène est tout simplement trop chaotique, et quoi que vous fassiez, vous ne trouvez pas une composition large et propre. Dans ce cas, oubliez la grande image et commencez à chercher les micro-paysages juste à vos pieds.
Les forêts regorgent d’incroyables opportunités de macro et de gros plans. Prenez votre appareil, mettez-vous à genoux, et observez de près l’écorce d’un vieux pin. Cherchez de petits champignons aux couleurs vives qui sortent du tapis de feuilles. Faites attention aux textures complexes de la mousse ou à une seule feuille d’automne jaune vif reposant sur un rocher gris foncé. Se concentrer sur les micro-détails est souvent la meilleure façon de capturer la « sensation » d’une forêt quand le paysage plus large refuse de coopérer.
Équipez-vous pour la forêt
Vous n’avez certainement pas besoin du matériel le plus récent et le plus cher pour prendre de superbes photos en forêt. En fait, beaucoup de mes clichés préférés ont été pris avec de vieux appareils photo argentiques entièrement manuels et des objectifs vintage. Le rythme plus lent du matériel vintage vous oblige naturellement à vous arrêter, observer le chaos, et choisir soigneusement votre composition au lieu de simplement mitrailler en espérant un bon résultat.
Si vous voulez essayer l’astuce du téléobjectif sans vous ruiner, acheter un objectif vintage à mise au point manuelle est sans doute la solution la plus intelligente. Un vieux 135mm ou 200mm vous offre cette belle isolation du sujet et compression de l’arrière-plan pour une fraction du prix des objectifs modernes à autofocus. Vous pouvez facilement les adapter aux appareils photo numériques hybrides modernes ou les utiliser nativement sur des boîtiers 35mm classiques. Découvrez quelques bonnes options et trouvez un beau objectif vintage 135mm à glisser dans votre sac de randonnée. Et pendant que vous y êtes, prenez un filtre polarisant — vous vous demanderez comment vous avez pu photographier sans.
La forêt met notre patience à l’épreuve. Il peut falloir plusieurs visites sur vos sentiers locaux pour vraiment commencer à voir au-delà du désordre visuel et reconnaître les compositions cachées parmi les arbres. N’oubliez pas de mettre des bottes que vous n’avez pas peur de salir, d’embrasser les jours couverts, et de prendre votre temps à la recherche de ces moments calmes et isolés.